Quand les défenseurs de No Billag donnent des arguments à la SSR

Le crowdfunding du comité d'initiative en faveur de No Billag s'est illustré d'une manière bien maladroite.
Grégoire Barbey

Les Suissesses et les Suisses voteront le 4 mars 2018 à propos de l’initiative dite No Billag – visant la suppression de la redevance radio-télévision. Très actif sur les réseaux sociaux, les initiants multiplient les publications, notamment en dénonçant ce qu’ils considèrent être comme des conflits d’intérêts des chaînes privées – qui touchent la redevance – faisant campagne contre leur initiative.

S’ils aiment polémiquer à la moindre occasion, ils ne sont pas en reste en matière de contradictions. S’attaquant à la redevance, ils ont lancé une campagne de crowdfunding pour financer leurs actions. Malheureusement pour eux, l’opération prête à sourire. D’une part parce que la communication est quelque peu maladroite – les montants sont calqués sur un pourcentage de la redevance annuelle. D’autre part parce que la version française a été traduite avec les pieds* (voir photo).

En cherchant à financer leur campagne en demandant un coup de main à la population, les initiants ont surtout démontré la difficulté qui existe en Suisse de proposer des contenus de même qualité, indifféremment des régions linguistiques. Et c’est bien à cette question que les Suisses devront répondre le 4 mars: l’information est-elle un bien si important que l’on peut se faire violence et payer une redevance pour garantir que chaque Suisse puisse en bénéficier de façn équivalente, ou bien s’agit-il d’un secteur qui doit être abandonné aux seules forces du marché, avec le risque que certaines minorités se voient clairement désavantagés dans l’opération?

C’est bien malgré eux que les initiants ont donné un argument de poids au maintien de la redevance. La question d’une information de qualité indépendamment de la langue est peut-être moins importante en Suisse alémanique, mais pour la Suisse francophone et italophone, cet élément est fondamental. Merci donc aux initiants de No Billag de se donner tant de mal à démontrer que la Suisse est un pays délicat, dans lequel les frontières linguistiques ont une importance non négligeable.

*[Edit]: la section romande de No Billag a rapidement corrigé la traduction sur le site de Wemakeit.

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Une réponse sur “Quand les défenseurs de No Billag donnent des arguments à la SSR”

  1. si no-billag gagne, c’est la disparition de la TV-suisse et c’est ouvrir la porte aux <TV commerciales, étrangères en particulier. Si certains éditeurs suisses s'en réjouissent espérant ainsi gagner à nouveau des parts de marché de publicité, ils commettent une très grande erreur ! Et c'est la disparition – évidente – d'une tv en langue italienne ainsi que, fort probablement en langue françise . ABE

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