Le Grand Genève, une réalité quotidienne

La région accuse un retard certain sur le plan politique. Mais les habitants l'expérimentent au quotidien, consciemment ou non.
Grégoire Barbey
C’est surprenant quand même de constater à quel point, sur le plan politique, le Grand Genève est source de débats, d’incertitudes quant à son existence. C’est un peu comme si la sphère politique vivait sur un plan métaphysique.
 
Du côté de la dimension terrestre, le Grand Genève est une réalité quotidienne pour les habitants de cette région, qu’ils en aient conscience ou non.
 
De nombreux genevois vont faire leurs courses en France (depuis des décennies), certains vont même vivre de l’autre côté de la frontière (crise du logement oblige). Du côté français, des milliers de personnes viennent à Genève tous les jours pour y travailler, attirées notamment par des salaires plus élevés, mais aussi une métropole dynamique, créatrice d’emplois, qui a besoin de ressources au-delà de son périmètre. Les Genevois sont soignés par un personnel médical qui, en partie, traverse la frontière tous les jours. En France, le coût élevé de la vie à Genève se répercute aux frontières, notamment sur le prix des logements, lesquels se multiplient pour absorber la demande.
 
Certes, il y a des points de friction. C’est normal. Le Grand Genève est une région à cheval sur deux pays, donc coupée par une frontière. Si elle est invisible dans le quotidien des gens, elle existe sur le plan politique. D’un côté ou de l’autre de cette frontière, les lois sont différentes (bien que similaires en de nombreux points), le coût de la vie aussi, tout comme les prix du logement, le niveau des salaires.
 
Mais tout ça, c’est l’aspect «politique» du Grand Genève. Cela doit faire l’objet de négociations, de mesures (notamment d’accompagnement) pour que cette région puisse se développer avec un minimum de tensions.
 
Pour le reste, cette région existe. C’est une réalité objective. Elle est vécue tous les jours par près d’un million de personnes.
 
La construction concertée du Grand Genève a pris du retard, indéniablement. Mais celles et ceux qui chantent la bouche en cœur: «Le Grand Genève est mort» se fourvoient. C’est du déni. Le Grand Genève existe par-delà les querelles politiques et partisanes.
 
Raison pour laquelle il est très réjouissant d’apprendre, par la voix du président du Conseil d’Etat genevois, que le développement politique de la région franco-valdo-genevoise est l’une des priorités de la législature.
 
Il est urgent de remettre l’ouvrage sur le métier. Chaque dossier qui se perd dans d’interminables tergiversations, c’est autant de conséquences négatives pour les habitants du Grand Genève.
 
Le résultat des précédentes élections est aussi un signal encourageant. Le recul des partis UDC et MCG, acteurs principaux des blocages sur le sujet, augure la possibilité de débats plus sereins. Avec un MCG sur le déclin, il est légitime de penser que le vent a tourné. Il revient donc aux Conseils d’Etat genevois et vaudois, mais aussi aux autres exécutifs des communes françaises, de trouver des solutions pour réduire les disparités, et faciliter le quotidien des gens.
 
Le Grand Genève, lui, continuera d’exister chaque jour dans la vie de près d’un million d’habitants. Et ça, quoi qu’en disent les sceptiques.

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