Didier Burkhalter, la stature de l’homme d’Etat

Le conseiller fédéral, souvent caricaturé en souris grise, s'est révélé en tant que président de la Confédération.
Grégoire Barbey

Didier Burkhalter n’est pas l’archétype du politicien qu’on a l’habitude de voir sous le faisceau des projecteurs. Discret de nature, il n’était pas très présent dans les médias ces derniers mois. Les observateurs politiques et les citoyens ont donc à son propos une impression plutôt négative: son absence est synonyme d’inconsistance. C’est un jugement péremptoire. Cette année est d’ailleurs l’année du conseiller fédéral en charge des Affaires étrangères: il est président de la Confédération pour 2014. Sa médiatisation sera inéluctable. Elle est d’ailleurs déjà importante, en l’espace de quelques semaines et ce depuis son élection.

Le nouveau président de la Confédération était hier soir à l’émission Infrarouge de la RTS pour débattre de l’initiative UDC «Contre l’immigration de masse». Il a démontré à ses détracteurs qui ont eu le courage de regarder sa prestation qu’il est loin d’être insignifiant. Son discours et ses arguments étaient calmes et posés. Agréable, Didier Burkhalter a répondu de façon claire et intelligible. A plusieurs reprises, il s’est ouvert sur sa personnalité. On a senti l’homme sous le costume. Le cœur derrière la cravate. Les convictions aussi. Septième président de la Confédération originaire du canton de Neuchâtel, Didier Burkhalter a l’aura d’une belle personne. Il n’est peut-être pas des plus télégéniques (encore que cela se discute), ni des plus extravagants. On sent bien qu’il n’est pas à l’aise face aux médias. Mais il se débrouille et se donne la peine d’apparaître là où il ne semble pas se complaire.

Quant au (non) débat sur la présence répétée de son épouse à ses côtés, les réponses de Didier Burkhalter à Sandra Jean, rédactrice en chef du Matin, étaient dignes et légitimes. On sentait l’agacement dans son regard. Le président de la Confédération ne goûte que très peu aux faisceaux des projecteurs. J’ai senti, à travers cette émission, un réel attachement à sa fonction. Le besoin aussi de s’en expliquer, d’en formuler les contours. C’était un moment de télévision à la fois étonnant et intime. Car si Didier Burkhalter ne cultive pas son image personnelle en Une de tous les médias comme d’autres le font plus volontiers, il en dit long par ses gestes et sa voix. Et c’est ça, justement, qui le rend si attachant. Bonne année 2014! Et vive la Suisse!

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