Un nouvel élan pour la présidence du Parti socialiste genevois

Ancien conseiller municipal socialiste, Jacques Friedli présente sa candidature à la présidence du Parti socialiste genevois pour proposer une alternative à un appareil de parti qu'il juge grippé.

Depuis quelques années, on peut observer au Parti socialiste genevois (PSG) des événements et des pratiques qui ne correspondent pas toujours à l’idée que beaucoup de membres et de citoyen.ne.s se font d’un fonctionnement démocratique et ouvert. La médiatisation d’éléments récents a d’ailleurs laissé le public largement dubitatif. Citons quelques exemples:

– Trop de militant.e.s parmi les plus visibles cumulent allègrement les fonctions. On retrouve bien souvent les mêmes têtes dans de très nombreuses associations, aux postes publics importants ainsi qu’à la direction interne. Dernier exemple en date, un député du Grand Conseil a fait recours pour conserver son mandat au conseil d’administration de l’Aéroport, soutenu par le comité directeur, contre la nouvelle loi et contre toute logique socialiste.

– Le comité directeur a dérogé aux quotas des candidatures féminines au Grand Conseil, quotas définis par les statuts du comité directeur, ce qu’il n’a pas la compétence de faire! Il a fait ce choix en pleine conscience car des membres avaient averti à l’interne du non-respect des statuts que cette action impliquait.  (Statuts du PSG, article 12a, alinéa 2.)

– Le comité directeur a communiqué avec enthousiasme et en balayant toute critique sur le passage de l’ex-secrétaire générale du PSG au service d’un Conseiller d’Etat PLR, quand bien même de de nombreux membres et non-membres s’étonnent de cet oubli du différent idéologique majeur existant entre PS et PLR et de cette trahison des valeurs censées être portées par les membres d’un parti politique.

– Les prochaines élections au Comité directeur (6 octobre 2018) montrent un parti dont la machine est dirigée par un petit groupe de personnes qui gardent jalousement le pouvoir. Il suffit d’observer la liste des candidatures pour constater que les postes les plus importants ont été répartis entre les membres d’un groupe qui n’a prévu aucune opposition (une seule candidature par poste; certains parlent de leur mandat comme déjà acquis, etc.). Cela n’est pas nouveau au sein de ce parti où les changements au comité directeur et à la présidence ressemblent davantage à un jeu de chaises musicales qu’à une élection démocratique.

Dès lors on ne s’étonnera plus que le PS voie son électorat populaire et ouvrier le délaisser pour finir dans l’entre-soi d’une gauche bourgeoise, éloignée des vrais problèmes et enjeux sociétaux et dont les principales préoccupations sont les échéances électorales et la carrière politique personnelle.

On ne compte plus les militant.e.s motivé.e.s qui délaissent rapidement leur engagement après avoir constaté le fonctionnement interne. La base du parti reste en effet composée de personnes très attachées aux fondements du socialisme, fondements avec lesquels il s’agit de renouer pour amener de nouvelles conquêtes sociales.

C’est porté par cette idée que j’ai proposé ma candidature à la présidence du Parti socialiste genevois. Elle est pensée autour de 4 axes dont les modalités passeront toujours par une approbation des membres:

Formation:
Mener une réflexion ouverte avec tou.te.s pour proposer la formation la plus adéquate possible. Les progrès sociaux ne sont acquis que par la lutte, et la lutte n’est remportée qu’avec une base forte et consciente des enjeux. Il faut donc que chacun.e puisse penser, débattre et partager sur les problèmes que rencontre notre société.

Proposition: mettre en place une bibliothèque coopérative, filmer les formations internes pour les rendre disponibles librement sur internet.

Démocratie:
Travailler à un fonctionnement plus ouvert et démocratique pour favoriser la diversité et la représentativité de tou.te.s au parti comme au Parlement. Organiser une analyse collective sur la meilleure manière de transformer le parti vers plus de participation et de démocratie.

Proposition: adopter le tirage au sort, la limitation du cumul de mandats, des systèmes de votes alternatifs, une parité sociale en plus d’une parité de sexe.

Coopération:
Renforcer la coopération en travaillant la coordination entre les membres et les élu.e.s des communes et du canton. Ne pas se limiter aux institutions politiques et instaurer une véritable logique de coopération au sein du parti.

Proposition: créer une plateforme des motions socialistes, des bonnes idées et bons fonctionnements des sections, favoriser l’entraide au sein du parti aussi pour la vie quotidienne.

Transparence:
Cultiver la transparence. Rendre accessible aux membres tout ce qui relève de la direction du parti.

Proposition: Les procès-verbaux du comité directeur devraient être accessible à tous les membres par mail.

À mon humble avis, c’est uniquement en mettant en place de telles mesures que le parti pourra renouer avec son électorat populaire et ouvrier.

Ce qui permettra l’obtention de grandes victoires, de nouvelles conquêtes sociales, d’une société plus agréable et juste, pour toutes et tous, sans privilèges!

Jacques Friedli
Ancien conseiller municipal socialiste, candidat à la présidence du Parti socialiste genevois

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