Second milliard de cohésion: une fausse bonne idée

Plusieurs pays d'Europe de l'Est qui pourraient bénéficier de cette aide helvétique tiennent aujourd'hui des discours contraires aux valeurs de la Suisse, selon Claude Bonard.

S’agissant des pays concernés par le versement d’un second «milliard de cohésion» destiné aux pays de l’Europe de l’Est, je me dis que la Suisse se doit d’être vigilante quant au choix des bénéficiaires. En effet, à quoi assiste-t-on dans plusieurs pays de cette partie de l’Europe? On y voit depuis quelques années plusieurs  régimes qui ont instauré des politiques se caractérisant par un néo-autoritarisme  marqué. Des gouvernants qui, ayant été démocratiquement portés au pouvoir – il est objectif de le rappeler – font malheureusement appel  à un nationalisme sourcilleux en s’appuyant sur un révisionnisme historique et un euroscepticisme érigés en dogme pour asseoir leur politique.

Pour aussi hélas, égratigner l’Etat de droit et dire tout le mal qu’ils pensent de la démocratie libérale considérée comme porteuse de tous les maux. Une partie de l’opinion publique sensible à ces sirènes affiche  par exemple ouvertement une intolérance de plus en plus marquée envers Bruxelles, l’Union européenne étant accusée d’adopter une posture néocolonialiste qui bafoue les prérogatives d’Etats souverains. Une autre partie de cette même opinion publique, minoritaire et issue des milieux de l’opposition tente, sans être très audible en ce moment, de mettre en évidence le fait que ces mêmes pays sont les principaux bénéficiaire de fonds européens depuis leur entrée au sein de l’UE.

Pour conclure et revenir au milliard d’aide aux pays de l’Est que Berne serait prêt à verser, je voudrais prendre l’exemple de la Pologne où  les effets du vote du peuple du peuple suisse de 2006 sur le premier milliard ont été massifs. Les montants qui ont servi à financer des projets de développement ont représenté 489 millions de francs suisses. A l’époque, j’avais voté oui avec enthousiasme. Aujourd’hui, au vu de ce qui se passe en certains endroits de l’Est du continent européen, je me dis que la Suisse ferait bien d’y regarder à deux fois avant d’attribuer les mannes de son nouveau milliard de cohésion à certains bénéficiaires potentiels chez qui  les valeurs de tolérance et de respect de l’Etat de droit  prônées par la Suisse ne sont pas forcément en tête de l’agenda politique. J’en suis d’autant plus affligé que je suis partisan d’une collaboration étroite entre l’UE et notre pays mais honnêtement, ce second milliard, je ne le sens pas et je me dis que c’est une fausse bonne idée.

Claude Bonard
Ancien vice-chancelier de la République et Canton de Genève, passant plusieurs mois par an en Europe de l’Est

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Une pensée sur “Second milliard de cohésion: une fausse bonne idée”

  1. si on était intelligent et un poil suisse sur les bords et pas bruxellois par nature , on ferait plus simple, on négocierait leçon en bilatérale avec des pays qui peuvent nous soutenir dans l’innomabke chantage etatunien

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